Première année d’exercice libéral : qui vous indemnise en cas d’arrêt de travail ?
Vous venez de vous installer en libéral comme infirmier, masseur-kinésithérapeute, orthophoniste, orthoptiste ou pédicure-podologue. En cas d’arrêt de travail, votre protection obligatoire repose sur deux étages : l’Assurance maladie, puis la CARPIMKO. Les deux ne s’ouvrent pas dans les mêmes conditions, et la première année demande une attention particulière.
Du 4e au 90e jour : la CPAM, après 12 mois d’affiliation
Depuis le 1er juillet 2021, la CPAM verse des indemnités journalières aux praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés à partir du 4e jour d’arrêt, après un délai de carence de 3 jours, pendant 90 jours au plus. L’indemnité est égale à 1/730 du revenu annuel moyen des trois années civiles précédant l’arrêt, retenu dans la limite de trois plafonds de la Sécurité sociale. Elle ne peut pas dépasser 197,51 € par jour en 2026.
La condition décisive pour un jeune installé : il faut justifier d’au moins 12 mois d’affiliation continue dans l’activité. Pendant votre première année, vous pouvez donc ne pas y avoir droit. L’Assurance maladie indique toutefois qu’un arrêt peut, sous conditions, être indemnisé au titre du maintien des droits d’une activité précédente, par exemple salariée. Renseignez-vous auprès de votre CPAM.
Même une fois ce délai passé, l’indemnité reste calculée sur les revenus cotisés des trois dernières années. Une activité récente, aux revenus encore modestes, donne donc une indemnité réduite.
À partir du 91e jour : la CARPIMKO
Le régime invalidité-décès de la CARPIMKO prend le relais à partir du 91e jour d’arrêt. L’allocation journalière est de 55,44 € par jour en 2026, majorée de 8,06 € par jour pour chaque descendant à charge. Elle peut être versée jusqu’au dernier jour de la troisième année d’incapacité ; une rente d’invalidité peut ensuite lui succéder (20 160 € par an en cas d’invalidité totale, 10 080 € en cas d’invalidité partielle).
Deux règles sont à connaître dès maintenant :
- l’arrêt déclaré à la CPAM n’est pas transmis automatiquement à la CARPIMKO : la demande doit lui parvenir dans les 6 mois qui suivent le premier jour de l’arrêt initial ;
- il faut être à jour de ses cotisations. Un délai de paiement accordé par la caisse suffit à ne plus être considéré comme à jour.
Comparer avec vos charges réelles
Pendant un arrêt, les charges continuent : loyer du cabinet, remboursement des emprunts, cotisations sociales, dépenses du foyer. Les prestations obligatoires sont soit forfaitaires, soit plafonnées, et peuvent être absentes pendant la première année. Les comparer à vos dépenses fixes montre ce qui resterait à votre charge.
Pour en savoir plus, consultez nos pages sur les indemnités journalières de la CPAM et sur les prestations de la CARPIMKO.



