Le prêteur réclame dans tous les cas un socle : la garantie décès, associée à une garantie invalidité absolue (« IAD » ou « PTIA » selon la terminologie du contrat) entendue au sens de la 3e catégorie de la Sécurité sociale. Des options peuvent s’y ajouter : incapacité de travail avec plusieurs franchises possibles (les plus courantes étant 15, 30 ou 90 jours), invalidité partielle, ou encore perte de profession consécutive à une invalidité.
Pour les professions libérales, certaines banques imposent d’emblée l’incapacité ou l’invalidité partielle parmi les garanties.
Sur un prêt de longue durée, notamment immobilier, ce choix est plutôt judicieux.
Encore faut-il le confronter à la prévoyance individuelle du paramédical : si celle-ci maintient près de 100 % de son BNC ou de sa rémunération de gérant pendant un arrêt de travail, la garantie incapacité de travail/invalidité partielle peut sembler faire double emploi.
Rien ne garantit toutefois que cette prévoyance sera toujours en place dans 20 ans (primes non payées puis résiliation, garanties modifiées…). L’assurance emprunteur, elle, suit le crédit jusqu’à son terme, ce qui rassure surtout le banquier : en délégation, l’assureur doit l’avertir sans délai de tout défaut de paiement des primes.
Lorsqu’on évalue les besoins de prévoyance du praticien, il reste pertinent d’intégrer ses assurances emprunteur de longue durée (15, 20 ans) pour fixer le niveau des garanties incapacité de travail de son contrat individuel et ne pas aboutir à une « sur-garantie » d’ensemble. C’est la démarche à privilégier dans tous les cas.
Pour un couple, la garantie décès doit être répartie avec soin entre les deux têtes, en fonction des revenus de chacun. Si le foyer fiscal dispose de deux revenus assez élevés et que des garanties de prévoyance individuelles existent déjà, une quotité de 50 % par tête devrait suffire. En revanche, lorsque le conjoint du professionnel de santé n’a pas d’activité, c’est ce dernier qu’il faut assurer à 100 % au minimum.
Le conjoint du praticien est salarié, a fortiori cadre, occupe un emploi stable et profite d’une convention collective qui le protège bien (100 % de son salaire en cas d’arrêt de travail ou d’invalidité, par exemple) ? Les garanties incapacité sur sa tête deviennent alors superflues. Peu de banquiers intègrent ce cas de figure dans leurs conseils, la plupart d’entre eux n’étant pas spécialistes de la prévoyance.